Borealis Fresh Farms: Il n'y a pas plus frais que cela

3 juillet, 2019 - Depuis maintenant deux ans, Borealis Fresh Farms Inc. (BFF), une installation de culture hydroponique cofondée par by Marc Rodrigue et Alex Cochrane, offre aux collectivités de Timmins et des environs des produits riches en nutriments tels que le chou frisé et le chou vert. La réussite remarquable de l’entreprise est évidente par l’augmentation continue des ventes et les réactions positives de la clientèle.

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Afin de faire pousser les cultures, en agriculture hydroponique des solutions riches en nutriments minéraux sont ultilisées au lieu de sol. Il y a diverses techniques hydroponiques, mais elles ne reposent pas toutes sur des installations étanches à l’air et des systèmes automatisés qui permettent aux fermiers de contrôler et de gérer optimalement l’humidité, la température, l’éclairage à DEL, la circulation de l’air, les niveaux de CO2 ainsi que le pH des solutions nutritives. BFF se sert d’un système de goutte-à-goutte pour ses tours verticales, afin de pomper régulièrement les solutions nutritives. Afin de faire croître leurs plantes, ils se servent d’un système de flux et de reflux, lequel fonctionne en inondant et en drainant périodiquement les racines des plantes, à l’aide d’une solution nutritive. Bien que les activités de BFF soient automatisées, Marc dit qu’une surveillance manuelle considérable est encore nécessaire pour assurer un fonctionnement adéquat.

La création de fermes hydroponiques dans les collectivités du Nord ontarien comporte des avantages environnementaux intéressants. D’abord, elles permettent de produire à longueur d’année localement des légumes, herbes et fruits frais. Cela réduit l'empreinte de carbone associée au kilométrage parcouru par les aliments, à savoir la quantité de carburant qui est utilisée pour transporter les aliments depuis le lieu de production jusqu’au consommateur. De plus, l’hydroponie utilise pour le même rendement à peu près 13 fois moins d’eau que l’agriculture reposant sur le sol, parce que le système isolé réduit l’évaporation au lieu de permettre que l’eau soit absorbée par le sol. Cela est important lorsque l’on pense à l’offre future d’eau douce.

Dans ce qui se trouve également important, il y a les avantages économiques de créer des installations hydroponiques dans le Nord ontarien. Un approvisionnement à longueur d’année de produits frais à l’aide de l’hydroponie peut aider à normaliser le coût associé aux produits, lequel augmente pendant hiver. En outre, les installations exploitées par les gens de la localité peuvent créer plus d’emplois dans les collectivités. Par exemple, Borealis Fresh Farms a actuellement un étudiant du système coopératif et qui participe à l’exploitation et travaille à ce que la ferme obtienne l’agrément Bonnes pratiques agricoles (BPA).

Néanmoins, la culture hydroponique a encore des limites. Une étude de la School of Sustainable Engineering and the Built Environment a révélé que l’hydroponie offrait un rendement 11 fois plus élevé pour la laitue, mais exigeait 82 fois plus d’énergie, par rapport à la laitue produite par une agriculture fondée sur le sol. Les auteurs ont démontré que, combinés, les pompes de circulation, l’éclairage d’appoint et les systèmes de chauffage/refroidissement faisaient monter les coûts de l’énergie par rapport à l’utilisation de carburant et au pompage de l’eau souterraine dans l’agriculture classique. Un autre obstacle à la création d’un plus grand nombre d’installations hydroponiques est le coût élevé du démarrage. Marc prévoit travailler avec les établissements postsecondaires à des fins de recherche sur des stratégies passives et actives qui peuvent aider à réduire la consommation d’énergie, dont une serait solaire.

Les gouvernements provincial et fédéral ainsi que des entreprises telles que Growcer font la promotion de l’hydroponie comme solution pour assurer la sécurité alimentaire dans les collectivités du Nord. Toutefois, au Northern Farm Training Institute, l’on se demande si le gouvernement verse trop d’argent pour soutenir des installations hydroponiques et d’autres de culture intérieure, qui ne produisent pas les aliments riches en calories nécessaires pour lutter contre l’insécurité alimentaire. Néanmoins, cet argument controversé persiste parce que le chou frisé et d’autres légumes feuillus sont riches en protéines et en micronutriments, tels les vitamines, les minéraux, les fibres alimentaires et les antioxydants, ce qui suggère que ce sont des sources de nourritures viables et durables. D’ailleurs, les légumes produits dans des installations hydroponiques sont plus nutritifs que des produits transformés comme les desserts alimentaires. Si l’on investit dans des projets dignes d’intérêt, soutenus par des réactions et des validations constantes, l’hydroponie peut certainement jouer un rôle important dans la réduction de l’insécurité alimentaire.

En même temps, il est important de tenir compte de la souveraineté alimentaire au moment de s’attaquer à l’insécurité alimentaire dans le Nord ontarien, notamment dans les collectivités autochtones. Dans une étude réalisée à Sioux Lookout, les membres des Premières Nations de la collectivité ont déclaré qu’il était important d’avoir un meilleur accès à de la nourriture sauvage et de retrouver les connaissances et compétences ancestrales, en plus de s’attaquer aux coûts de l’alimentation, à l’offre en la matière, à son abordabilité et à sa qualité.

Entre 2007 et 2013, 61 % des personnes du Nord ontarien se sont déclarées obèses, comparativement à 53 % des gens pour l’ensemble de l’Ontario[i]. Cette étude et d’autres qui traitent des sortes d’aliments offerts et abordables dans le Nord suggèrent qu’il existe un lien entre l’obésité et l’insécurité alimentaire dans les collectivités du Nord ontarien. C’est pourquoi l’hydroponie peut aider à fournir un régime alimentaire riche en légumes et en fruits; il est démontré qu’un tel régime aide à protéger les gens contre des maladies chroniques telles que l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Un autre avantage sanitaire de la culture hydroponique est que ce système ne recourt pas à des herbicides et à des pesticides. Les pesticides peuvent contaminer l’eau souterraine près des fermes, et cela peut menacer la santé des agriculteurs[ii].

Borealis Fresh Farms vend actuellement les produits suivants : choux frisés, trois sortes; Joi Choi; chou en feuille; herbes. Il est prévu pour l’avenir d’ajouter différentes sortes de laitue. De plus, Marc et Alex installent de l’équipement acheté récemment en vue de produire dix sortes de microverdures, une autre culture riche en nutriments. Finalement, en février dernier, ils ont agrandi leur ferme, afin d’accroître les rendements et de diversifier les produits cultivés. Leurs produits peuvent s’acheter à divers endroits de la localité : des épiceries, des marchés de producteurs et des restaurants; ils peuvent aussi s’obtenir en ligne.

Marc et Alex envisagent de faciliter l’accès à leurs produits à des collectivités plus éloignées. En outre, ils sont impatients de poursuivre la recherche et d’optimiser ce projet, afin de pouvoir aider d’autres personnes à mettre sur pied leur propre installation. Certes, par des entreprises agricoles de haute technologie comme BFF, le Nord peut aider à aborder la sécurité alimentaire, à stimuler l’économie locale et à fournir à Timmins et aux collectivités voisines des produits délicieux et riches en nutriments.

[i] Calculs de l’auteur. Statistique Canada, Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC). Tableau 13-10-0452-01.
[ii] Il y a une variété de facteurs, à la fois liés aux pesticides eux-mêmes ainsi qu’à l’extérieur et qui peuvent déterminer les effets de pesticides.

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Maia Kvas est Analyste de données d'été à l'IPN.


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