Avons-nous besoin d'une voix commune pour le nord-est

le 21 janvier 2019 - Est-ce que le nord de l’Ontario (ou simplement le nord-est de l’Ontario) devrait parler d’une seule voix?

Est-ce que le nord de l’Ontario (ou simplement le nord-est de l’Ontario) devrait parler d’une seule voix? En établissant tout d’abord nos priorités régionales chez nous, avant de faire nos demandes à Toronto ou à Ottawa, réussirions-nous mieux à obtenir des investissements transformationnels?

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Common Voice Northwest est de cet avis et a eu du succès, dans le passé, dans l’atteinte de certains objectifs (l’organisation a aidé à fonder l’Institut des politiques du Nord, notamment, et, plus récemment, a réussi à obtenir du financement local dans le domaine du transport). Les personnes qui ont organisé le sommet Transforming Ontario’s North il y a quelques mois à Cochrane croient aussi à la pertinence d’une seule voix pour le nord. 

Soyons transparents : l’IPN joue le rôle d’observateur auprès de Common Voice NorthWest et a contribué à faire la promotion du sommet Transforming Ontario’s North. Nous appuyons ce genre d’initiative parce que nous savons parfaitement bien que lorsque les représentants de nos communautés vont « dans le sud », ils finiront par entendre la question : « que voulez-vous encore? »

C’est quelque chose que nous entendons souvent des politiciens et de leur personnel (plus ou moins) prêts à donner sa « juste part » au nord. Généralement, la question vient après une rencontre avec une septième, huitième ou 20e délégation régionale. Nos députés restent incapables de bien comprendre les nombreuses demandes acheminées à leurs bureaux. 

Le problème n’est pas exclusif au nord de l’Ontario. Cependant, cela constitue un gros problème pour de petits (du moins d’un point de vue politique) secteurs comme le nôtre. Le Canada atlantique fait face aux mêmes défis. Dans les communautés où l’on compte moins d’une dizaine de députés provinciaux ou fédéraux, il n’y a pas beaucoup d’occasions de faire des demandes ciblées. 

Thunder Bay vient de réapprendre la leçon en ce qui concerne sa centrale électrique aux pastilles de combustible. Avec le recul, l’offre de 2004 de passer au gaz naturel était peut-être bonne, particulièrement compte tenu de l’enthousiasme du gouvernement provincial actuel à l’égard du gaz naturel. Mais on ne peut pas retourner en arrière et la centrale va maintenant fermer ses portes.

Il y a, bien sûr, d’importantes voix régionales comme la Northern Ontario Municipalities et la Northwestern Ontario Municipal Association. Le Northeast Community Network lie les agents de développement économique le long du corridor de l’autoroute 11 et les Community Futures Development Corporations ont mis en place deux réseaux régionaux.

Les chambres de commerce constituent aussi une bonne voix collective régionale, de même que les syndicats, la coalition des collèges et des universités du Nord, et les organisations régionales autochtones et métisses. Il y a aussi des associations provinciales avec des sections ou des membres régionaux comme la Association of Indigenous Friendship Centres ou le Economic Developers Council of Ontario. Il y en a beaucoup, beaucoup d’autres.

Ce que Common Voice Northwest possédait, à son apogée, et que ces autres groupes n’ont pas, était une représentation intersectorielle d’un vaste territoire géographique. On retrouvait au même endroit les leaders de communautés autochtones et métisses, des dirigeants municipaux, des représentants régionaux aux paliers provincial et fédéral, la chambre de commerce, des syndicats, l’université, le collège, les conseils de planification de la main-d’œuvre, des experts en immigration, des spécialistes du tourisme et d’autres encore. Ce type de coalition est remarquablement difficile à établir est encore plus difficile à conserver : l’état actuel de Common Voice Northwest le montre clairement.

Cela ne signifie pas que cela ne peut pas être fait de façon durable. La Pacific NorthWest Economic Region (PNWER) fonctionne comme organisation depuis près de 30 ans. Elle est financée et exploitée à la fois par le secteur privé et le secteur public. Son rôle principal est de mettre en commun les intérêts régionaux. Il est impensable que les 780 000 personnes de notre région puissent générer les mêmes ressources que la PNWER et ses quelque 24 millions de population, mais rien ne nous empêcherait d’en créer une version à plus petite échelle. 4Front Atlantic constitue une version miniature de la PNWER pour la région de l’Atlantique et ce modèle pourrait certainement être recréé ici.

Nous pourrions commencer par inviter de nouveaux membres à se joindre à Common Voice Northwest. Nous pourrions continuer en reliant quelques conversations qui sont déjà en cours dans le nord-est; en décidant de voir si, ensemble, nous sommes prêts à transformer le nord, à avoir une voix commune dans le nord-est ou à faire quelque chose de complètement différent pour clarifier nos aspirations régionales.

Une vision et un message qui ne serviraient pas juste à guider Toronto et Ottawa, mais aussi à tisser des liens entre Attawapiskat, Chapleau, Vermilion Bay et Pikangikum, et tout le reste d’entre nous, aussi.

 

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Charles Cirtwill est président et chef de la direction de l’Institut des politiques du Nord, un groupe indépendant de réflexion sociale et économique dont le siège social est dans le Nord de l'Ontario.


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