Sans souci, sans frais : des politiques de pandémie, afin de promouvoir les transports publics

1 avril 2021 - Ce blog est apparu pour la première fois dans The Walleye Magazine, avril édition. 

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L'anniversaire du premier confinement vient de passer, et nous pouvons constater à quel point nous nous sommes adaptés rapidement et radicalement à des modes de vie très différents. Nous sommes peut-être impatients de voir disparaître certains changements, mais des rajustements nous permettent de nous interroger sur la manière de façonner notre collectivité à la suite de la COVID. Quelles sortes de services et de priorités aimerions-nous conserver?

Un domaine méritant que l'on s'y attarde est celui des modifications qui amoindriraient le changement climatique. La chute mondiale des émissions de gaz à effet de serre (GES) a grandement retenu l'attention – avec une baisse de 17 % des émissions pendant la première vague des confinements dans le monde. Pendant que la ville de Thunder Bay élabore une stratégie pour devenir une ville à zéro émission de carbone d'ici 2050, nous devrions peut-être envisager certaines solutions de politiques de pandémie axées sur des changements permanents.

Une option qui mérite une discussion est la réorganisation du transport en commun de Thunder Bay, à savoir offrir un service sans frais. Lancé au début de l'année dernière et terminé au milieu de l'été 2020, le transport en commun sans frais a gagné en popularité à Thunder Bay. Thunder Bay sans pauvreté a fait campagne sur le fait qu'il s'agit d'un pas en avant, vers un système de transport équitable dans la ville et qui pourrait réduire nos émissions de gaz à effet de serre grâce à un plus grand nombre de navetteurs optant pour le transport en commun.

Thunder Bay sans pauvreté a présenté au Conseil municipal en décembre 2020 une demande de gratuité du transport en commun. Le Conseil municipal a accepté à l'unanimité d'évaluer cette proposition et de discuter de la façon d'aller de l'avant en 2021. Le 8 février, le Conseil municipal réexaminait la proposition de gratuité. Une option présentée sous forme de motion consistait à réduire le budget de 115 000 $, aux fins d’un projet pilote de transport en commun sans frais et qui permettrait d’accorder une journée de transport en commun sans frais par mois, d'avril 2021 à mai 2022. Cette motion a été rejetée, et le Conseil a par contre adopté une motion pour geler toute augmentation des tarifs de transport en commun, réduisant ainsi le budget de 67 900 $.

Lorsque l'on jette un coup d'œil à ces coupes budgétaires, le transport en commun sans frais peut sembler hors de portée, mais avec les bons outils, il peut être géré avec succès. La ville de Canmore (Alberta) a commencé à financer le transport en commun sans frais, à l’aide d'un projet de stationnement payant en 2018. De plus, le plan de gestion intégrée du stationnement de Canmore a permis de diminuer jusqu'à 30 % la congestion routière et de stationnement, tout en augmentant le nombre d'usagers des transports en commun. Bien que Canmore soit une agglomération considérablement plus petite que Thunder Bay, l'option est néanmoins intrigante.

Pendant que la hausse des tarifs de transport en commun fait une pause en 2021, il convient de se demander ce qui inciterait davantage de navetteurs à se rendre à l'arrêt d'autobus plutôt qu'au stationnement. Les données nous indiquent que 3,6 % de tous les navetteurs de Thunder Bay utilisent les transports en commun pour se rendre au travail; toutefois 40,3 % de tous les navetteurs parcourent moins de cinq kilomètres pour se rendre chaque jour au travail. C'est donc une grande partie de notre population qui prend sa voiture pour un voyage rapide. Un transport en commun plus accessible pourrait-il encourager ceux qui font de courts trajets à ne pas faire le plein et à sauter dans l'autobus?

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La Ville a recueilli des données tout au long de l'année 2020; elles seront intégrées dans une ébauche de plan communautaire d'énergie et d'émissions (PCEE), lequel sera soumis à l'examen du public au printemps 2021. Environ un tiers (35 %) des personnes interrogées ont déclaré à la Ville que l'étalement urbain et la culture dominante de l'automobile pourraient empêcher les résidents de réduire leur dépendance aux combustibles fossiles. Avec une aussi vaste superficie à couvrir, il n'est pas réaliste de s'attendre à un passage massif de la culture de la voiture à celle du transport en commun.

Néanmoins, il vaut la peine d'engager des conversations sur notre infrastructure de transport en commun, car elle a des effets sur des éléments importants de la croissance de Thunder Bay. Par exemple, le transport en commun sans frais pourrait potentiellement aider à retenir des nouveaux arrivants à Thunder Bay. Les recherches montrent que les immigrants récents sont beaucoup plus susceptibles d'utiliser le transport en commun pour leurs déplacements que les résidants nés au Canada, surtout lorsqu'ils sont nouveaux au Canada[i]. Ce transport en commun abordable et accessible est également un indice clé d'une collectivité accueillante [ii]. Cela signifie que le transport en commun sans frais (ou quelque chose de semblable) pourrait contribuer à la rétention et améliorer la qualité de vie des habitants de Thunder Bay, tout en réduisant collectivement notre empreinte carbone.

Nous attendrons encore un peu, afin de voir ce qui sera proposé dans le projet du PCEE, mais il a déjà été dit que l'amélioration du transport public et actif est sur la table. Si vous avez des idées sur le transport en commun sans frais à Thunder Bay ou sur d'autres moyens d'encourager son utilisation, il existe un outil de participation en ligne, qui permet aux résidents de poser toutes leurs questions.

Même si nous n'assisterons pas à la mise en place d'un projet pilote de transport en commun sans frais cette année, il y a encore des discussions importantes à avoir sur les changements à apporter à la collectivité, afin d’atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Les chercheurs reconnaissent que la baisse des émissions de GES pendant la pandémie semble importante, mais, seules, les options individuelles ne peuvent sauver le monde. Il est temps de commencer à prendre le transport en commun au sérieux à Thunder Bay, afin de préserver notre collectivité.

 

Melanie Davis est analyste politique pour l'IPN.


[i] Andrew Heisz, et Grant Schellenberg. « PUBLIC TRANSIT USE AMONG IMMIGRANTS ». Canadian Journal of Nursing Research, 13(2), 1-2004. P. 170–191

[ii] Esses, Victoria M. Characteristics of a Welcoming Community. London (Ontario) : Welcoming Communities Initiative, 2012.

 

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