École des ondes – Téléenseignement Wahsa – De la radio aux médias sociaux

Par Paul W. Bennett et Rick Garrick -

Au cours des vingt-cinq dernières années, le Centre de téléenseignement Wahsa (CTW) a repoussé les limites de la technologie pour l'enseignement dans le Nord. Depuis son arrivée comme directeur en 1995, Darrin Head a vu une série de changements technologiques radicaux dans la réalisation de ses programmes – depuis la radio pédagogique comparativement rudimentaire jusqu'à la technologie SMART Board et aux médias sociaux.

Il y a vingt ans, c'était essentiellement une école secondaire par radio, du réseau Wawatay Communications, qui avait l'habitude de faire circuler des modules d'enseignement à destination et en provenance des collectivités des Premières Nations. Aujourd'hui, le quartier général de la diffusion du Wahsa, de Sioux Lookout, est le centre nerveux d'un réseau multiplateforme de téléenseignement, combinant la technologie SMART d'enseignement en ligne, des leçons radiophoniques et des échanges de bavardoires de médias sociaux.

Exploité par le Northern Nishnawbe Education Council (NNEC) depuis 2000, Wahsa compte maintenant 850 élèves inscrits, de 21 collectivités de la nation Nishnawbe Aski. Avec dix enseignants, le directeur Head offre à l'année longue des cours qui servent à une population plus âgée que celle de son équivalent de la Première Nation de Fort William, KiHS. Au cours des cinq dernières années, le nombre des élèves inscrits a augmenté, de 650 jusqu'à un total situé entre 850 et 1 000, grâce aux progrès de la connexion Internet dans le Nord.

Presque tous les élèves du Wahsa sont des adultes qui veulent terminer leurs études secondaires dans leur collectivité éloignée. Le Centre a deux sortes d'apprenants adultes : ceux qui n'ont pas de crédits du niveau secondaire et ceux qui veulent obtenir ceux qui leur manque. Ce centre est financé par une subvention d'Affaires autochtones et du Nord Canada (AANC), qui permet de verser entre 1 500 $ et 5 000 $ par élève.

Comme la plupart des programmes de téléenseignement, celui du Wahsa fait face à la difficulté de hausser les taux d'achèvement des études et de diplomation. À peu près un adulte sur quatre persévère dans ses études autonomes et termine son programme d'études secondaires, qui peut prendre un an.

« Tous nos élèves qui reviennent terminer leurs études secondaires sont considérés comme ''vunérables'', dit Head. Une mort violente provoque des ondes de choc dans une collectivité, perturbe la vie des gens, ce qui dure pendant des mois. »

Compte tenu des obstacles formidables, le Centre de téléenseignement Wahsa est fier de ses 440 apprenants adultes qui ont obtenu leur diplôme entre 1990 et 2015. Selon les années, le nombre des diplômés a oscillé entre 17 et 33 annuellement.

L'adoption de la technologie et du logiciel SMART a produit une véritable percée en termes de variété et de qualité de l'enseignement en ligne. Depuis 2012, Head et son équipe d'enseignants utilisent un tableau blanc iteractif SMART Board et le logiciel de téléconférence Brigit, aux fins des cours aux élèves qui accèdent aux programme du Wahsa à l'aide d'un ordinateur de bureau ou d'un iPad.

Les élèves qui travaillent individuellement ou en petits groupes à 21 écoles différentes peuvent voir tout ce qui est enseigné en ligne et même écrire sur le contenu, afin d'insister sur des concepts ou d'échanger des idées. Le soutien pédagogique est assuré par le personnel du NNEC, afin d'aider les élèves à établir des relations entre eux et de répondre à leurs questions.

 

Le tutorat des élèves

Le tutorat des élèves: un tuteur du WDEC et ses élèves (Photo: Darrin Head)

 

Un des obstacles auquel se heurtent encore Head et ses enseignants est la fiabilité des lignes de communication d'Internet. La plupart des 21 écoles communautaires servies par le CTW ont maintenant la connexion par fibres optiques de Bell Canada. Les interruptions d'Internet et les problèmes de large bande sont moins fréquents, mais tout de même hebdomadaires. Quelques-unes des écoles les plus éloignées ont des problèmes quotidiens de connectivité et dépendent davantage de leçons offertes par radio.

Tous les enseignants du Wahsa et le personnel de soutien se servent maintenant des médias sociaux pour communiquer régulièrement avec leurs élèves inscrits et pour les aider dans leurs tâches. « Nous avons appris, dit Head, que des médias sociaux tels que Facebook et Twitter sont cruciaux dans la communication avec les élèves de nos jours. Les élèves qui ne peuvent être atteints par téléphone répondent immédiatement par les médias sociaux. »

L'enseignement et l'apprentissage ont également grandement changé dans les programmes de téléenseignement du Wahsa. La radiocommunication analogique à sens unique de Wahsa Radio 91,1 FM n'est plus l'unique modèle de prestation. Les échanges par téléconférence de SMART Board et les médias sociaux font maintenant partie de l'enseignement et du répertoire pédagogique.

La souplesse est à l'ordre du jour dans le monde technique contemporain, et c'est particulièrement le cas dans les écoles éloignées des Premières Nations. « Étudier dans des écoles est inconfortable pour tous les apprenants jeunes adultes, fait remarquer Darrin Head. Il nous faut donc répondre de façon à pouvoir les atteindre. Les médias sociaux sont maintenant l'un de nos meilleurs outils de participation. »

Enseigner à Wahsa

Enseigner à Wahsa: Un enseignant du WDEC démontre des langues autochtones en utilisant un SMART Board (Photo: Darrin Head)

Dr. Paul W. Bennett, Ph. D. est boursier en recherche pédagogique à l’Institut des politiques du Nord et Rick Garrick est journaliste à Thunder Bay.

Cette article, le premier d’une série de quatre, célèbre des exemples d’éducation innovante et résistante dans les Premières Nations du nord de l’Ontario. Cette série est également incluse dans le commentaire « Après la guérison : la sauvegarde des écoles secondaires des Premières Nations de Nishnawbe dans le Nord » par Paul Bennett.

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