Dr. Donald Dennie

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Une université « par et pour » les francophones

mars 2021 | Dr. Donald Dennie

« Vous ne voulez jamais qu'une crise grave soit gâchée. » Le chef de cabinet du président Obama, Rahm Emanuel, a donné un souffle nouveau à cette phrase lorsqu'il l'a prononcée pendant le premier mandat d'Obama. Toutefois, ce que l'on oublie souvent, c'est la deuxième phrase de la citation : « [...] ce que je veux dire par là, c'est que c'est une occasion de faire des choses que l'on ne pensait pas pouvoir faire auparavant ». 

La crise financière actuelle de l'Université Laurentienne (UL), et la crise simultanée des inscriptions à l'Université de l'Ontario français (UOF), sont-elles une telle occasion? Une occasion de faire quelque chose que nous ne pouvions pas faire antérieurement? C'est la question à laquelle l’Institut des politiques du Nord a demandé à trois grands penseurs de répondre.

Cet article répond à la question par deux scénarios qui favoriseraient une plus grande autonomie de l'enseignement postsecondaire en français dans le Nord ontarien : un campus de l'Université de l'Ontario français à la Laurentienne ou une structure autonome à la Laurentienne. Des deux scénarios, c'est le second qui a semblé le plus réaliste.

Le premier scénario est peu probable étant donné les nombreuses disparités entre les deux institutions – au niveau des programmes, du corps professoral, des étudiants et de la gouvernance. Par exemple, l'UOF a des programmes interdisciplinaires (p. ex., études sur l'environnement urbain), tandis que la Laurentienne a une orientation disciplinaire plus classique (p. ex. chimie, sciences politiques). Non seulement il serait difficile de combiner les deux programmes, mais les étudiants de la Laurentienne ne pourraient pas suivre de cours dans leur domaine de spécialisation, ce qui découragerait toute tentative de transfert à l'UOF.

Le deuxième scénario est une option intéressante, surtout si l'institution est l'Université de Sudbury (US). Non seulement l'US a des ententes interinstitutionnelles avec la Laurentienne, mais elle possède une charte universitaire avec pleins pouvoirs depuis 1914. Si cette option était retenue, une structure de transition pourrait tenir compte de facteurs tels que la possibilité pour les étudiants de choisir parmi une variété de cours universitaires de langue française administrés par l'US et, si des ententes étaient en place, parmi d'autres programmes administrés par la Laurentienne. De plus, les professeurs pourraient enseigner des cours de l'US et, avec les ententes en place, participer aux cours bilingues et de deuxième cycle. Ils conserveraient leur permanence et bénéficieraient de la protection syndicale de l'Association des professeurs de l'Université Laurentienne (APUL), qui représente déjà les professeurs de l'US. 

 

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