Choisissant nos projets

Le personnel de l’IPN a pour tâche de concrétiser l’orientation stratégique provenant du conseil d’administration de l’IPN. Toutefois, comme nous l’avons affirmé plus haut, il y a de nombreux acteurs dans le processus en cours et qui sert à déterminer les priorités politiques et l’orientation stratégique. Cette approche de « l’union fait la force » vaut pour les aspects opérationnels comme stratégique de l’IPN. Dès que le conseil d’administration décide des objectifs stratégiques de l’IPN dans le contexte des préoccupations de la collectivité plus étendue ainsi que de la situation sociale, environnementale et économique élargie (régionale, nationale et internationale), le personnel en tient compte lors de sa sélection de projets spécifiques permettant d’atteindre ces objectifs.

En décidant de réaliser un projet ou un changement de politique spécifique, le personnel se concentre sur trois questions :

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Les deux dernières questions sont les plus faciles.

Si une multitude de groupes ou d’organismes s’occupent déjà d’un dossier ou si le sujet a été bien exploré et les preuves, complètement approuvées, l’IPN ne peut guère ajouter de valeur.

De même, il faut que des experts soient disponibles ou que les ressources pour en embaucher soient rapidement quantifiables. Lorsque du travail s’impose et que les ressources ne sont pas immédiatement disponibles, l’IPN ne va pas plus loin. C’est pourquoi les structures internes de l’IPN comprendront la capacité de lever des fonds ainsi que de recruter et de former de nouveaux jeunes chercheurs et experts des politiques. Évidemment, l’IPN déploiera également des efforts continus pour trouver des experts extérieurs dans le Nord ontarien ou des experts des problèmes ayant des répercussions sur le Nord ontarien.

Il est moins facile de décider si un problème est un « enjeu politique important ». Ce qui est une question de vie et de mort pour certains peut être une question marginale pour d’autres.

Prenez la délivrance des licences des taxis ou le prix des services de ceux-ci à Thunder Bay. Pour les chauffeurs de taxis et leurs passagers, ces points sont d’une importance particulière. Pour un pourcentage élevé de la population (ceux qui n’utilisent pas les taxis ou n’habitent pas à Thunder Bay), le problème est considérablement moins pressant.

C’est alors que TOUS les intervenants entrent en scène. En déterminant l’importance d’un problème de politique, le personnel se penchera sur les sortes de facteurs suivants :

  • Est-ce que les gens en parlent?
    • Grands titres, lettres au rédacteur, réactions directes par l’entremise de l’outil de consultation en ligne de l’IPN
  • Les experts travaillent-ils sur le cas?
    • Les universitaires de « tour d’ivoire », les « bureaucrates » et les politiciens « obsédés par les votes », tous sont bons et fiables pour indiquer les problèmes à venir
  • Est-ce que des projets gouvernementaux pour s’y attaquer sont proposés ou en en cours?
    • Fédéraux, provinciaux et municipaux
  • Est-ce que des intervenants et des groupes d’intérêt s’en occupent?
    • Associations industrielles et professionnelles, syndicats, chambres de commerce, organisations communautaires au niveau local, parties de l’Opposition

Ces questions ne sont pas présentées au hasard.

Au moment de juger de l’importance d’une question politique, l’IPN sera d’abord et avant tout piloté par les apports de gens ordinaires du Nord. Nous chercherons à les approcher directement par des activités communautaires et de l’IPN, par les médias sociaux et par des débats de citoyens en ligne. Les priorités des intérêts organisés (gouvernements, parties politiques, associations municipales, chambres de commerce) ne sont pas nécessairement les mêmes que celles des gens du Nord ontarien, même si ces groupes sont conçus pour les représenter.

Après le grand public, les experts en politiques et en diverses autres matières sont les prochaines sources d’orientation les plus fiables de l’IPN lorsqu’il est question de l’importance relative de questions concurrentes. Les experts des domaines sont probablement moins influencés par l’esprit de clocher et, par conséquent, la prochaine source d’information quant à l’importance de tout enjeu politique donné ou à l’urgence d’une idée de projet particulier. Leur apport est comparativement moins précieux parce que leur réputation professionnelle et leur position dans la collectivité peuvent être lourdement affectées s’ils ont un parti pris ouvert et continu dans un certain sens.

Après les experts viennent les gouvernements eux-mêmes. Pas les partis au pouvoir, mais les gouvernements. Gouverner est une affaire de compromis et d’équilibre des intérêts divergents. Si des ressources publiques limitées sont utilisées pour explorer un problème ou s’y attaquer, c’est souvent, et pas toujours, la preuve d’un niveau d’importance relativement élevé par rapport à d’autres enjeux de notre collectivité.

Enfin, il faut prendre en compte les intérêts organisés. Par définition, leurs problèmes et priorités reflètent des partis pris, intérêts et désirs limités (et qu’il faut toujours considérer dans ce contexte). Le fait qu’une collectivité se dresse à propos d’un point spécifique, c’est à première vue la preuve de son importance, au moins pour un sous ensemble des parties intéressées de l’IPN.