De combien de conseils scolaires une province a-t-elle besoin?

6 mars 2017 - Encore une fois les demandes de fusion de conseils scolaires catholiques et laïques en Ontario commencent à se faire entendre. Les arguments sont bien connus. Économies d'échelle au niveau administratif. Réduction du double emploi dans les services essentiels (transport par autobus système de paie, achats). Élimination du double emploi inutile d'installations (gymnases, cafétérias, bibliothèques) et, comme les inscriptions continuent de baisser, suppression de classes de plus en plus sous-utilisées.

De plus, la constatation de 1999, faite par le Comité des droits de l'homme des Nations Unies nous est régulièrement rappelée, à savoir que les conseils scolaires catholiques séparés et financés publiquement, pendant qu'est refusé le financement complet à d'autres écoles confessionnelles, est discriminatoire. Évidemment, les gouvernements libéraux et conservateurs n'ont néanmoins pas changé grand-chose.

Les arguments qui s'opposent au changement sont également familiers. La garantie constitutionnelle du financement indépendant pour les conseils catholiques. Le rendement supérieur à la moyenne du système catholique par opposition à celui du système laïque élargi, et ce, pour de nombreuses mesures des résultats de l'éducation. La préférence des parents pour une plus grande discipline et des valeurs plus fermes des écoles catholiques.

Il y a également un aspect sombre au débat. Est-ce que le mouvement contre les conseils scolaires séparés est plus motivé par un sentiment antireligieux que par l'efficacité ou l'efficience de l'éducation? Est-ce que l'opposition au changement est plus axée sur la protection d'emplois administratifs aux salaires élevés que sur la protection des droits constitutionnels et des besoins éducatifs des élèves? Au fait, est-ce que le soutien syndical public est motivé par toutes les cotisations que paieront de nouveaux membres?

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Il est facile de s'y perdre dans la bataille que se livrent les intérêts bien établis. Toutefois, avant que ce soit le cas, examinons certains faits.

La population d'Edmonton est d'environ 900 000 habitants. La population du Nord ontarien est d'à peu près 800 000. Le Nord ontarien a une vingtaine de conseils scolaires. Edmonton en a trois. Ceci dit Edmonton a une superficie de 684 kilomètres carrés, et le Nord ontarien, de 844 000 kilomètres carrés. Peut-être avons-nous besoin de ces conseils scolaires additionnels pour administrer notre système très étendu?

Bon. La province de l'Ontario, de 14 millions d'habitants, d'un million de kilomètres carrés, a près de 100 conseils scolaires indépendants. La Nouvelle-Zélande, population de cinq millions, de 268 000 kilomètres carrés, n'a aucun conseil scolaire. C'est exact, pas un seul.

Le programme d'étude en Nouvelle-Zélande est conçu par le gouvernement national. Les enseignants sont agréés par un organisme indépendant. Les écoles sont gérées par les collectivités locales. La Nouvelle Zélande a éliminé « les intermédiaires », et la solution fonctionne. Les résultats des élèves de la Nouvelle-Zélande sont très solides. Les écarts entre les élèves (par genre, race, richesse) sont plus étroits que ce que nous voyons dans la plupart des autres pays industrialisés. La satisfaction parentale est supérieure.

Ceci dit, la Nouvelle-Zélande ne représente pas la fin de l'argument. L'OCDE a passé la dernière décennie à explorer les données de son Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), à la recherche d'indices de la réussite des élèves. Plusieurs découvertes intéressantes ont été faites, notamment que, même à l'intérieur d'un système public à un seul payeur, la capacité de choisir parmi les programme d'études a des effets mesurables sur le succès des élèves.

Forte de cette information, l'Ontario peut aussi apprendre d'une histoire de réussite canadienne. Il y a en effet une réussite canadienne, avec du financement public, du personnel syndiqué, gérée localement, complètement inclusive.

Le système des écoles publiques d'Edmonton compte des écoles chrétiennes, arabes, juives, des arts du spectacle, de sports d'élite, voire une académie militaire. Tout est chapeauté par une unique structure administrative, soutenu par un système de services communs et offrant le même programme d'études de base obligatoire (approuvé par la province) et, dans de nombreux cas, des immeubles, installations et programmes physiques sont partagés. Ils ont de plus en commun des cours en ligne, un point important pour les petites collectivités du Nord ontarien.

Le système d'Edmonton maximise les classes inutilisées, en ayant une, deux, parfois trois écoles dans le même immeuble. Leurs programmes et installations sont offerts aux enfants qui ont de l'enseignement à domicile ainsi que dans des écoles privées. Tout le monde gagne. Les catholiques d'Edmonton conservent leur financement public, mais tous les autres jouissent aussi du même accès. Et c'est inclusif. S'ils le désirent, les catholiques peuvent aller aux académies musulmanes, les juifs, à des écoles catholiques.

Le modèle d'Edmonton prend les données probantes de l'éducation et du système et s'en sert sur le terrain. Ce modèle de contrôle d'école local est également, comme la Nouvelle-Zélande la prouvé, évolutif.

De combien de conseils scolaires une province a-t-elle besoin? Si nous disions aucun?


Charles Cirtwill est président et chef de la direction de l’Institut des politiques du Nord, un groupe indépendant de réflexion sociale et économique sont le siège social est dans le Nord de l’Ontario. Première publication dans Northern Ontario Business, en février 2017.

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